Un des livres qui traînent chez moi, The Paradox of Choice, que je lis 2 ou 3 pages à la fois, et qui est centenaire (publié il y a plus de cent semaines, en 2004) contient plein de références à des études intéressantes. Celles qui m’étonnent le plus se résument ainsi (traduction libre, page 139):
Ce que ces études démontrent, c’est qu’en demandant aux participants de donner les raisons de leurs préférences (ou de leur choix), ils peuvent avoir de la difficulté à trouver les mots. Il arrive parfois que les raisons qui sont moins importantes dans leurs préférences sont en fait les plus faciles à verbaliser. Alors, les participants vont naturellement identifier les éléments qu’ils peuvent verbaliser le plus facilement.
Et le plus intéressant suit:
Une fois que les mots sont dits, ceux-ci prennent une valeur plus grande dans l’esprit de ceux qui les ont exprimés. Leur choix leur semble donc approprié (rationalisation oblige). Mais avec le temps qui passe, les raisons importantes non exprimées reprennent graduellement le dessus.
Dans les études en question, le groupe de participants forcé à exprimer les raisons de ses choix en arrive plus souvent à regretter ses choix plus tard. De son côté, le groupe ayant choisi sans devoir en donner les raisons a vécu plus longtemps avec ses choix.
Ce que j’en retiens, c’est que lorsqu’une décision est difficile à prendre, il faut se méfier des listes explicites de pour et de contre, ou des analyses trop précises. Elles pourraient être bien écrites, et tout-à-fait sans erreurs, mais il pourrait tout aussi bien y manquer des éléments capitaux qui sont difficilement exprimables, et dont le poids pourrait faire pencher la balance de l’autre côté.
Bref, donnons à l’intuition l’importance qu’elle mérite.